Lightroom

Sinon à part ça, ma vie professionnelle se résume à sélectionner des photos pour une exposition à venir. La journée, je suis à @fantaisienoire en caleçon DIM, mon petit cul blanc posé sur un ballon de kiné censé remplacer un fauteuil de bureau. D’ailleurs, en live vidéo, il parait que je rebondis sans cesse et que ce n’est pas agréable pour l’autre. Heureusement, je n’ai personne à qui parler en ce moment donc je me lâche sur mon ordi et j’insulte souvent l’iMac car je ne retiens jamais les raccourcis Adobe Lightroom. Je finis toujours par dérouler les menus du haut comme un vieux jeune qui aurait ses habitudes… J’ai 20 nouvelles images à trouver qui seront imprimées en poster. Je ne sais pas si elles vont plaire. C’est la vie d’artiste, on vit dans le néant, l’incertitude et les tasses de café sales sur le bureau.

MNS

Sinon à part ça, sur leurs miradors, au soleil et au vent, les @vieuxboucau_lifeguards font partie du décor. Ils surveillent vos enfants chiants, vos parents et vous-même. Ils sifflent, s’agitent, se lèvent et vous guident. Les sauveteurs ont la peau bronzée, des jolis habits rouges et des lunettes de soleil polarisées. Ils sont le centre névralgique de la plage sans qui les Landes et son océan seraient inhospitaliers. Un peu comme avancer dans le noir sans lumière, ou demander à un Corse où est le MacDo. Si tu profites toi aussi de leurs surveillances, n’oublie jamais que ce n’est pas un dû, ni une garantie Darty… L’océan est le patron, et ce n’est pas la peine de le tester, il gagnera toujours. Les histoires tragiques, il y en a eu et il y en aura encore. Quand tu prends des risques, tu en fais prendre aussi aux sauveteurs. Alors oui, ce sont des machines de guerre,(crois-moi, ce n’est pas que les haltères qui les sculptent) et ils s’entrainent toute l’année pour toi. Ces hommes et ces femmes veillent sur toi alors n’en abuse pas. Dis-leur « bonjour, ça va », ça ne coûte rien et n’hésite pas à leur poser des questions même si ta question est conne et que tu ne fais plus attention à eux. Et aujourd’hui c’est la journée mondiale contre la noyade au fait. Big up l’équipe, on vous kiff.

Le Droit à l’image

Sinon à part ça, le droit à l’image est un concept connu par tout le monde, mais utilisé à tort et à travers. C’est un peu le « je ne parlerai pas sans mon avocat » ou « on est présumé innocent » ou « chacun gère ses eaux ». Toutes ces expressions qui sonnent bien, mais que l’on ne maitrise pas parfaitement. Pour preuve, je me suis retrouvé en litige il y a peu avec un professeur de droit que je shootais en pleine rue. (Pas de chance, mais il fallait que ça m’arrive. J’ai prié pour que, justement, l’on puisse échanger entre gens bien sur le caractère moral ou non de la prise de vue de rue. Nous n’avons pas eu le temps d’aller aussi loin. L’échange non cordial s’est vite achevé après que je lui ai rappelé la définition exacte de l’expression qu’il employait à tort et que je lui ai dit que je n’étais pas responsable des lois françaises et que le cadre dans lequel il était photographié n’entrait pas dans la définition du droit à l’image. D’autre part que je le remerciais pour sa tentative d’intimidation, mais que j’allais donc continuer. Chose que je fis en prenant deux photos de plus de lui. L’animal criait en pleine rue, faisant profiter à toute la foule de notre rhétorique. A-t-il été surpris ou énervé, voire blessé qu’un gars en short et tout tatoué le remette à l’heure sur ce qu’il pensait être acquis dans ses connaissances ? Je n’aurai jamais la réponse. Toutefois, je me félicite d’être resté courtois face à quelqu’un en mocassins, pull sur les épaules et petit pantalon moulant qui me crie dessus. Nous nous sommes quittés comme un duel dans un film de western (chacun partant dans un sens opposé). Il est parti réviser ses cours, j’ai traversé la rue et me suis assis à une table de bistrot. J’ai demandé : « Un café s’il vous plait. »

Faire de l’enduit

Sinon à part ça, hier, j’ai fait de l’enduit comme disent les vrais. Ça s’est bien passé. Je ne vais pas gagner le concours de l’artisan 2023 non plus, mais pour une fois, je n’en ai pas mis partout autour. Quand tu fais de l’enduit, tu prends ton pied à voir la matière s’étaler. C’est presque jouissif. Heureusement, j’avais juste deux trous à boucher (qui m’attendaient depuis quatre mois quand même). Je t’avoue que se taper le mur entier aurait été chiant. Je préfère quasiment faire un Scrabble ou une rando. Quoique la rando peut-être pas, c’est vraiment le truc que je ne supporte pas. Si je veux me promener, je le fais à moto. Si je veux faire du sport, je cours. Bref… Donc mes deux trous sont rebouchés, je lave le matos à l’eau tiède dans l’évier de la cuisine (pas malin, je te l’avoue), du coup, la vaisselle non rangée de la veille prend quelques giclées, j’ai dû la refaire. En rangeant le sac d’enduit dans le garage, une sorte de poussière s’est échappée du sac. J’étais bien habillé et tout propre, tant pis. À ce moment, je me suis dit : « Un artisan, c’est un bonhomme. Sois fort. » J’ai presque eu une satisfaction personnelle d’être poussiéreux. Le genre de satisfaction primaire animale. J’ai replié l’escabeau (les trous étaient en hauteur, sinon c’est trop facile). Je me suis refait un café.  Faire de l’enduit pour la deuxième fois à 45 ans m’a conforté dans mes pensées : je n’aime pas bricoler, je préfère aller au bistrot avec les potes.

COVID

Sinon à part ça, avant, il fallait éviter de parler religion et politique avec le tonton. Surtout s’il a bu la moitié de la bouteille de Ricard et qu’on est assis à côté de lui un dimanche midi au repas de famille. Ça, c’était avant. Maintenant, c’est le mot « masque » qui amène des maux de tête. (Pas parce qu’on suffoque et qu’on est en hypoxie avec hein). Mais parce que derrière ce bout de textile se cachent des sujets plus vastes, libertariens. En effet, il y a toujours un membre de la famille qui lance le sujet quand il ne faut pas. Quand ça arrive, tout le monde pense « non ce n’est pas le moment » mais personne ne le dit haut et fort. Alors ce gars, qui pourrait être moi, se dit que si aucune voix ne s’élève, on peut y aller, l’auditoire est ouvert et prêt. Et c’est parti pour un débat sur la liberté et une mauvaise ambiance. La même qu’on ressent quand ton pote t’amène une pizza ananas. Liberté de ne pas porter de masque ou liberté d’en porter ? À vous de voir… Tiens, aujourd’hui, les soignants non vaccinés sont (enfin) réintégrés. 

Conduire dans la brume

Sinon à part ça, une photo prise au volant. Le soleil du matin se bat avec la brume matinale et réchauffe l’atmosphère. Un amas de particules hygroscopiques microscopiques qui indiquent un réchauffement à venir. Parfois il m’arrive de faire demi-tour (à l’arrache et sans visibilité parce que je m’en cogne) pour saisir un moment photographique. Une petite infraction que je m’octroie sans vergogne et qui fait partie d’une des raisons pour lesquelles je suis venu me perdre dans les Landes et ses routes abandonnées. Désormais, si tu croises un Peugeot Partner blanc en forêt, un jour de brume ensoleillé, prépare-toi à ce que le con que je suis fasse demi-tour devant toi.

Féérie de Noel

 Sinon quoi de neuf ? Les galères habituelles des jours fériés en province. Un aller-retour inutile de 20km pour emmener mon fils au sport. Sur la route, mon passe-temps c’est de regarder qui est ouvert et fermé. J’ai beau essayer de trouver un fil directeur, y en à pas. Un supermarché peut être ouvert mais pas l’autre. En revanche les contrôles de police eux n’étaient pas fériés. Je me suis demandé si les flics mettaient de plus grosses amendes les jours fériés. À leur place je le ferais, je serais dégouté de voir tout le monde cruiser en bagnole pendant que je bosse. Sur le retour ça commençait à parler de Noël à la radio, ça m’a foutu le moral à zéro. Je pense que c’est parti, on attaque un mois et demi de vente débile de robots qui parlent ou de chiens qui aboient quand on les caresse…

Coupe du Monde QATAR

Sinon à part ça pas grand-chose. Je ne vais pas m’inventer une vie que je n’ai pas et aujourd’hui était un jour nul. Quand je dis « nul », c’est au sens littéral. Il ne s’est tout simplement rien passé. En même temps, allongé sur mon sofa ou assis devant mon Mac, je n’allais pas trouver une pépite d’or ou rencontrer mon futur meilleur nouvel ami…C’est en écoutant la radio que j’ai vibré vite fait. (France Inter, comme quoi j’aurais jamais cru). Je me suis mis à murmurer des insultes et à souiller toute la population. C’est parti de la Coupe du monde au Qatar. Pas la peine de vous préciser que le foot et moi on n’est pas copains. Je n’ai rien contre les mecs trop coiffés qui courent après un ballon en sécurité pour toucher des millions qu’ils n’arrivent pas à lire. Personne n’est parfait et y en faut pour tous. Non, là ce qui me chagrine cette année, c’est la double sanction qu’on m’inflige alors que je suis un mec cool qui demande juste à pouvoir rester dans son monde. Parce que cette année on a les fouteux qui sont à fond (comme à chaque fois) mais aussi les non-footeux et les antifooteux. Tout le monde parle du Qatar. Avant, c’était simple, j’avais seulement à refuser les soirées pizzas des fans de foot pour me retrouver en paix avec d’autres dissidents. Mais cette année, avec cette décision insensée de la fédération (on est tous d’accord), ben faut que je me tape les commentaires de tout le monde… Moi qui croyais que les footeux qui critiquaient cette Coupe du monde allaient décider simplement de la boycotter. Ben non. J’ai l’impression que l’engouement est le même alors que laisser la TV éteinte est un acte tellement simple. Enfin, bref, visiblement nous n’avons pas tous la même lecture de l’actu. Voilà, ce coup de gueule m’a fait ma journée. J’aurais dû rester allongé sur mon sofa, sans bruit, à écouter les gouttes d’eau s’écraser lamentablement sur mes tuiles méridionales.

46 ième année

Sinon à part ça, aujourd’hui commence ma quarante-sixième année. Je précise (car j’aime les mathématiques) que j’ai 45 ans mais c’est donc ma quarante-sixième année techniquement. C’est comme l’histoire du nombre d’espaces entre 3 pylônes de clôture. Ben y en a que 2…
Bon sinon ce soir, heureusement, le frigo était plein. Je me suis fait des haricots verts, 2 œufs durs que j’ai cuits à point en regardant internet car je ne mémorise pas les temps de cuisson. C’est probablement ce que l’on appelle la mémoire à tiroirs. Je retiens les numéros des départements et les noms associés très facilement (ça sert pourtant à rien) mais pas la cuisine… J’ai cassé l’assiette en la jetant dans le lave-vaisselle, classique, c’est un style que je cultive depuis petit. J’ai aussi reçu une dizaine de gentils SMS de félicitations alors que je n’ai rien fait. Il semble que tout le monde ne fonctionne pas avec des tiroirs ou qu’ils sont mieux rangés. Du coup j’ai essayé de varier mes réponses, je pense avoir fumé la moitié des emojis de mon smartphone. J’utilise aussi les points d’exclamation que je colle à des points d’interrogation. Ça n’a rien de littéraire mais ça donne du peps aux réponses. Heureusement ma date de naissance est cachée sur les réseaux sociaux et du coup, seuls les plus rigoureux (qui ont des alarmes ou des grands tiroirs) m’ont souhaité la fin de ma quarante-cinquième année. C’est un tri naturel. Un darwinisme appliqué à l’amitié ou aux relations humaines. Sinon à part ça, je fais peu de photos. J’hiberne. Enfin mon matériel. Je geek aussi sur Le Bon Coin pour trouver du matos photo, mais à chaque bon plan, faut aller le chercher dans un pays abandonné ou payer par Western Union les yeux fermés. Je me dis que les gars qui montent ces arnaques doivent bien rire. Je leur demande toujours un numéro et la facture d’achat, les réponses (quand il y en a) sont toutes remarquables. Parfois je dialogue quand même avec eux. Je leur fais croire que c’est pas assez cher et que je veux payer plus. Autant y aller direct, ces gars ont peur de rien, de temps en temps ils acceptent. Voilà, je m’amuse quoi. Un peu d’humour dans ce monde, ça fait du bien.

La factrice

Sinon à part ça, rien de bien fou aujourd’hui. Une journée sans que rien ne se passe. Ah si, j’ai reçu un petit capuchon métal à mettre sur mon Leica M6 pour remplacer celui en plastique de 1986. La postière m’a demandé 10 balles de TVA. « C’est toujours comme ça quand ça vient d’Angleterre », elle m’a dit. Je lui ai filé le billet en cash. Je me suis dit que ça devait bien la faire chier d’avoir à gérer de l’argent en plus de son boulot de factrice que tout le monde pense simple. Encore une histoire d’effectif en moins… Dans l’après-midi, je suis allé acheter une raquette de tennis pour mon fils (une 25 pouces). D’ailleurs tout est bien expliqué sur internet, on arrive dans les magasins en pensant qu’on en sait mieux que les vendeurs. Ils doivent en avoir marre aussi ceux-là). Et donc je disais que sur la route de la Raquette, j’ai croisé une camionnette avec un panneau derrière la vitre : « Attention abeilles ». Je vous laisse là-dessus, perso, j’ai pas compris le truc. Peut-être prévient-il du danger si un braqueur venait à faire un carjacking ?!