Routes Landaises

Sinon à part ça, je profite du mauvais temps et des circonstances exceptionnelles pour kiffer. Les routes landaises, si elles étaient une présentatrice télé, elles seraient Evelyne Dhéliat. Toute refaite, vieillotte, mais encore utilisable. Nos routes, c’est le Graal du routard créatif. Grosses pluies intenses. Chaussée mal entretenue. Si on connait bien les spots, on peut rouler dans des mares tellement profondes qu’on se dit « mince là ça craint ».  Au début, tu choisis que des grosses mares, mais à la fin, tu t’arrêtes plus et tu roules sur tout ce qui est possible. C’est une vraie addiction qui finit souvent mal. Une spirale infernale, surtout si tu promènes des enfants dans ta voiture. C’est l’engrenage. Le premier jet est si bon que tu enchaines forcément. Tu te sens revivre comme si tu faisais un exploit de dingue. Quand tu es vraiment addict, tu cries même. Genre, tu marques des points. D’ailleurs dans ces moments, je coupe la musique tellement je veux profiter de ma connerie. Pour un kif ultime, je vous suggère de baisser les vitres. (Ça passe, croyez-moi, on est à peine mouillés.) C’est généralement un petit plaisir que je partage volontiers avec quiconque marche à côté et qui me génère toujours un sentiment de honte après coup. C’est le Vianney de la mauvaise blague. Faut juste ne pas abuser du plaisir au risque de frotter ta jante sur les bordures du trottoir en jouant au pilote. Alors, oui, éclabousser un passant sans tourner la tête (l’air de rien), c’est fun. Mais laisser ton enjoliveur devant lui, ce n’est absolument pas cool. Surtout que tu n’oses pas t’arrêter pour le ramasser et qu’il te faut attendre en espérant que personne ne viendra rouler dessus entre-temps (pas le passant, mais ton enjoliveur). En 2022 ça m’a couté un seul réglage de parallélisme. Comptez 84 euros par an. Si vous hésitez, je vous confirme que vous ne trouverez pas mieux les jours de pluie. Imbattable et moins chiant que les salles de trampolines pour enfants qui vous fracassent les oreilles. Un ORL c’est moins cher mais les RDV sont longs.

Les crasses

Sinon à part ça, quand j’ai très faim, c’est toujours la même histoire : je veux du sale. Depuis petit, je ne crois pas me souvenir d’avoir eu une seule envie de légumes un jour de forte dalle. C’est peut-être d’avoir été biberonné au beurre dans le fin fond de mes Vosges natales. (ou pas). Mon beau-frère belge, il appelle ça « des crasses ». Je trouve ce nom pas mal. Ça englobe tout ce que tu manges sur le pouce mais que tu sais mauvais pour toi. L’autre jour, j’arrive dans un snack et la petite dame me demande ce que je veux, je lui ai répondu : « Je regarde, j’ai envie d’une crasse. » Elle n’a pas trouvé ça drôle, elle a du mal le prendre. J’aurais dû insister pour lui dire que ses crasses étaient les meilleures du village. Parfois les gens m’étonnent. Pas de second degré, la vie est triste. Mes blagues ne sont certainement pas tops, mais au moins, je les dis sans sourire, sinon c’est trop facile pour l’autre. C’est mon style. Celui de Monvilain. Je mets un point d’honneur à garder ma ligne de conduite. De temps en temps, j’ai des appels de gens qui démarchent par téléphone. Quand ils me demandent si je suis bien celui que je suis (avec un accent du bled), je leur réponds que non, je suis le frère et qu’il est décédé hier, mais que s’il y a de la thune à prendre, je veux bien écouter… Allez, sur ce, je vais boire un Coca. Sinon à part ça, j’espère que vous aimez ma photo sur laquelle on ne voit presque rien, juste des toits de vieux boucau pris depuis l’océan. C’est vraiment la tof la pluintéressantete que j’ai publiée.

What’s App

Sinon à part ça rien ne va. Un peu de pluie et de soleil. Parfois les deux ensemble, parfois à la suite. Je me demande si ce nuage gris ne me suit pas depuis ce matin. J’ai roulé vite pour le semer. Rien n’y fait. Même mon cerveau est touché. Ce foutu temps rentre dans ma tête comme les slogans des panneaux d’autoroute que j’ai envie de pimper : « ceinture mal bouclée, crâne fracassé », ou « pneus sous-gonflés, mange les bas-côtés ». Marre de cette politique consensuelle. Le dimanche, je suis énervé. Ce n’est pas le jour où j’ai envie de filer de l’oseille aux associations ou de faire des sourires aux gosses que je croise. J’ai plutôt une envie profonde d’être relou. C’est le genre de jour où j’ai envie de pourrir mes groupes WhatsApp et de dire aux gens qu’ils arrêtent d’écrire pour rien, que tout est déjà expliqué plus haut, que leur liberté s’arrête où commence celle des autres, qu’il existe des émojis plutôt que de poster un message et que leur vie de merde qu’ils se la gardent. Dans les groupes de sport pour enfants, il y a tjs quelqu’un pour expliquer (avec des fautes à faire flipper un collégien) que peut-être son gosse (au prénom à deux syllabes) ne sera pas là à cause d’une bronchite, mais qu’il a médecin le lendemain et qu’il en saura plus. Et que si ça va mieux, il viendra. MAIS BORDEL ATTEND DEMAIN ET TU DIRAS ABSENT OU PRÉSENT ! File jeter ton dévolu sur Christophe Maé et laisse nous. J’avais trouvé la solution en supprimant WhatsApp mais la médiocrité m’a rattrapée et je l’ai re-installé. Je m’amuse désormais à mettre des « ? » sur les messages idiots. Déjà petit, je créais des montages vidéos en 240 px avec des images subliminales coquines. Maintenant, j’ai grandi, je suis sans pitié et j’affiche mes humeurs



Les courses

Sinon à part ça, je ne vais pas souvent faire les courses. Mon truc, c’est plutôt de commander sous macOS, bien posé dans mon canapé, un rap de quarantenaire dans les oreilles, en pensant aux âmes perdues qui poussent leur caddie dans un labyrinthe de métal. Je suis le genre de gars qui commande une seule éponge sur Amazon, alors devoir me servir et perdre du temps, c’est un concept qui me parle pas. J’aime le drive, mais ce soir, je n’ai pas eu le choix, je me suis pointé sur le parking du @e.leclercsoustons. Une fois entré, je réalise que je n’ai pas de caddie. Ça part mal. Demi-tour. Ils me foutent déjà la rage à peine arrivé. Direction la sortie. Sur le chemin, je maudis tout le monde. J’approche des vilains chariots plastiques et mets la main dans ma poche, rien. Nouveau détour, direction ma voiture pour trouver la fameuse pièce d’1 € perdue sous le siège conducteur. Franchement, dans ces moments, je pourrais dépasser du coloriage et craquer . J’essaie de me satisfaire de ma condition de simple galérien, car je pourrais être amoureux des supermarchés et y planifier ma sortie du weekend avec les enfants… Mon caddie a une roue fatiguée. Elle tremble comme un gosse au commissariat, arrêtée pour un vol de chewing-gum. L’engin avance en crabe, je suis obligé de soulever l’avant et de faire comme si tout allait bien malgré mes muscles tétanisés. J’attaque ma liste de courses avec des produits introuvables que l’on ne voit que chez les autres : mascarpone, confiture de lait, cacao en poudre non sucré, sucre vanillé. Rien de simple, que des produits cachés dans les recoins des rayons (normal, personne n’en veut). La bière et les lardons, tu galères jamais à les trouver). Le pire, c’est que c’est moi qui ai fait la liste… De mon côté je veux essayer de frimer avec des articles qui font classe quand je passe devant la caisse et la ménagère de 50 ans. J’ose pas demander où est la confiture de lait, avec mes bras tatoués et ma voix grave, ça le fait pas. Je fais du breakdance entre les rayons, ma tête bouge de partout et passe 10 fois au même endroit. J’envoie des SMS chelous à ma chérie qui me guide dans les rayons. N’y voyez rien de misogyne, elle n’est pas préposée aux courses, c’est juste que je suis inapte et que j’ai besoin d’assistance. Si la DGSI surveille mon téléphone, ils doivent s’imaginer des trucs : « mascarpone, combien de pots », « confiture de lait ok ». Une bonne dizaine de messages plus tard, il ne me reste que 2 articles à trouver mais pas des moindres puisque j’ai dit à mon fils que je lui ferais des hot-dog quand une annonce retentit dans les haut-parleurs pour annoncer la fermeture dans 15 minutes. Je ne stresse pas. Cinq minutes plus tard, je constate que je devrais, car ça passe vite. Saucisses, pain à hotdog, fonce mec. Tu es venu pour ça à la base, pas pour le sucre vanillé. Le truc, c’est qu’ils tendent des pièges chez Leclerc. Les derniers comme moi, les losers, ils ont double peine. Les éclairages des rayons baissent légèrement pour te préparer à partir, sauf que t’as encore plus de mal à trouver tes articles du coup. Je file au rayon boucherie et lui explique le truc du hot-dog, je lui parle de knack et saucisses de Francfort. Elle me demande lequel je veux et je lui réponds que peu importe. Elle me répond qu’elle n’en a pas et que c’est au rayon charcuterie. J’ai envie de la démonter. Je lui dis même pas merci. C’est ma première en vingt ans de courses. Je demande autour de moi où sont les saucisses, chaque seconde compte. À part qu’à ce moment les gens sont dans la même merde que toi et ne te répondent pas forcément. Je pense avoir terminé ma mission. Il est 19:30. Petit échange sur le temps qu’il fait avec la caissière et je file. Mais à Leclerc, c’est jamais fini. À croire qu’ils veulent plus que tu reviennes. Il y a toujours une surprise ou un piège (c’est le café gourmand qui te fait de l’œil et que tu finis toujours par prendre).  Quand t’as chargé ton coffre en vrac (car les poches t’en as trop à la maison mais jamais dans ta voiture), ben, tu dois encore galérer et aller remettre ton chariot sans te tromper de chainette (il faut enfiler celle de l’autre caddie et pas la tienne), sinon ta pièce, elle ne sort pas.  Sur ce coup, je me tâte quelques secondes à abandonner le chariot sur le parking mais je me dis que le remettre est plus marrant. Le premier fan de supermarché qui ira faire ses courses le lendemain matin sera puni par mon caddie paraplégique. Ça me suffit pour kiffer et pour l’imaginer avec le boiteux. Ben ouais mec, tu ne peux pas commander sur ordi comme tout le monde.

La rigueur Instagram

Sinon à part ça, j’ai perdu tout sens de la rigueur. Depuis peu, je m’autorise à poster mes images sur Instagram à contretemps. Désormais, vous verrez des culs en hiver ou des cagoules en été. Ben ouais frérot. Bon, après l’épisode COVID, rien ne choquera personne a priori. J’ai déjà des textes qui n’ont rien à voir avec mes photos, alors autant jouer le jeu à fond. Surtout que c’est plus simple pour moi, moins de travail pour poster dans les temps me convient bien. « Partisan du moindre effort »,  on m’a toujours dit. D’ailleurs un directeur de lycée ringard avait même trouvé une appellation désuète en parlant de moi (mais plutôt explicite) : « on ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif ». C’est vous dire que j’ai l’habitude de rester figé sur mes positions et d’avancer si je veux. Être rebelle ce n’est pas dans le discours mais dans les actes. Bon, pour le coup, ce directeur connaissait aussi ma définition d’un rebelle puisqu’il a décidé de ne pas m’inviter l’année suivante. Donc voilà, mes images seront postées au gré de mes envies, en mode hors piste, freeride, de hors saison, on pourrait dire. Mon directeur ringard du lycée aurait appelé ça  « poster à la bonne franquette ». Mais dans un monde qui vrille, je serai au diapason. Et comme dirait Diam’s dans un morceau peu connu, mais néanmoins pertinent : : « il y a plus que du sucre sans sucre et du gâteau sans beurre, du café sans caféine et des cuisines sans odeur ». Diam’s, elle avait tout compris sur la société avant tout le monde quand elle est partie au top de sa notoriété. Une vraie rebelle aussi. Tout ça pour vous montrer cette image de touristes, de dos, à la plage, prise un été (je ne sais pas lequel).

Mon Tuyau d’arrosage

Sinon à part ça je recherche activement un tuyau d’arrosage renforcé de 30 mètres et de 19 mm de diamètre. Sur leboncoin, j’ai trouvé quelques pépites de couleur jaune. Je me demande pourquoi les tuyaux sont souvent jaunes ou gris. Les vendeurs me prennent tous pour un jardinier professionnel et me vantent les qualités techniques de leur matériel. Je les ai remerciés pour ces précisions inutiles. Je veux juste un tuyau qui dure plus de deux ans et qui envoie du bois. Si possible avec un raccord qui ne fuit pas ou qui ne lâche pas quand tu es pressé et habillé de la tête aux pieds. (Ça n’arrive jamais quand tu es en maillot de bain évidemment. Le truc quand t’as une demande trop pointue et que tu as bien maté tous les forums disponibles sur le sujet, c’est que tu finis par ne plus savoir ce dont tu as besoin. Dévidoir mural fixe bien stable et invisible ou chariot mobile que tu peux déplacer au besoin (mais que tu ne feras jamais). Des questions existentielles pour des « problèmes de riche », comme dirait un pote. Parfois, quand je suis perdu, je demande à ma compagne son avis, mais je comprends vite à ses yeux écarquillés et surpris que mon délire névrosé ne l’intéresse pas. C’est souvent à ce moment-là que je réponds moi-même à ma question pour revenir, au final, à mon idée du début. Mon surnom intime, c’est « toujours plus » et je vous assure que ce n’est pas simple tous les jours. En attendant, je n’ai pas trouvé le tuyau qui me va bien, et j’ai passé l’après-midi à approfondir mes connaissances dans un domaine inutile. Ce soir, je serai un peu moins con, mais personne n’en saura rien (sauf vous maintenant).

les pieds à la fenêtre

Sinon à part ça je suis soulagé. Bien qu’il fasse encore chaud, je constate moins de pieds aux fenêtres des voitures. J’en déduis donc que la température extérieure n’est pas le facteur expliquant ce handicap. Depuis longtemps, j’essaie de percer ce mystère du syndrome que je nomme « nature et découverte » et dont beaucoup sont porteurs.  D’après mes analyses approfondies, cette maladie sournoise ne se déclare jamais à l’arrière des véhicules, mais presque uniquement à la « place du mort » (comprenez la place du passager et ce sont les statistiques). Elle vise principalement les vacanciers sortant des campings (ça, c’est moi qui le pense). Aucune étude là-dessus à ce jour. Soit ces gens n’ont pas rechargé leur climatisation à Norauto depuis 2001 (elle est donc HS), soit ils kiffent un truc que je n’ai pas compris (genre le massage des chevilles par le montant de la fenêtre qui soulage les champignons attrapés au pédiluve des flots bleus), soit ils savent que ça me rend fou et ils font exprès de sortir leurs panards qui n’ont pas vu de podologue depuis des années… J’avoue, j’hésite.  En toute franchise, j’ai remarqué que plus les panards sont de sortie, moins la caisse est classe. Loin de moi l’idée saugrenue et réductrice de penser que le chef d’entreprise qui se paye son Cayenne est un peu plus classe que le gars en Mégane. Non, je déconne. Moi aussi, j’ai eu des caisses de beauf. Une Honda Civic 16 soupapes. (Celle avec l’arrière en biais, taillée comme un bout de tomme de Savoie qui reste sur le plateau et que personne ne veut plus…) Du coup, je n’en sais rien. Dur dur d’en tirer des conclusions fiables, mais j’attends toujours de voir des vieux pieds crochus sortant d’une Porsche 911. Tout est possible, vous allez me dire, il y a des footeux ou des vendeurs de barils de pétrole qui commandent des Ferraris roses… Ce qui est certain, c’est que le type aère ses vieux pieds et que ça ne lui semble pas chelou. Alors oui, on est en démocratie mais moi ça me fait pas marrer, j’ai envie de lui jeter des pierres.

Mum & Dad

Sinon à part ça, #oukonpeuttrouvermestofs?  Frérot, c’est simple. Le wall est visible à @mum.and.dad.soustons . Avant de faire de la ‘family street food’, c’était le garage automobile de mon vieux Volvo. Les gérants ont fait des travaux pour pas que les bidons d’huile te gênent quand tu viens manger ou voir mes photos (pas cons je trouve). Là où il y avait le pont pour soulever ma voiture, tu trouveras le comptoir où Mum t’accueille chaleureusement. On y mange des bons trucs. Dedans, il y a pas mal d’aliments frais que ton ventre kiffe. Le concept : tu payes pas beaucoup mais ils te servent comme un roi. T’écoutes du bon son, tu grailles puis tu les check et tu repars. C’est moins cher que le garagiste, tu vois ce qu’ils font donc pas de risque que l’on te refile des plaquettes d’occasion, et c’est plus rapide qu’une révision. Autant j’aimais bien la poigne rugueuse de mon garagiste, autant je préfère maintenant claquer la bise à Mum. (la première fois, tu évites). Évidemment.) Là-bas, ça sent bon le poulet grillé et c’est plus alléchant que les vieux pots d’échappement des chasseurs landais que tu reniflais encore, il y a peu. Alors vas-y, fais-toi plaisir, mais sois cool. Derrière mum il y a Dad le baraqué. Il fait les sandwiches et vaut mieux pas qu’il sorte de la cuisine. Heureusement, ça n’arrive pas. Il y a que des bonnes énergies à mon garage. Le dernier de l’équipe du trio de choc qui bricole le carbu de ton Berliner, on dirait un Calabrais. Un parrain de la mafia. Pas grand, et sympa mais discret et à l’affut. Je n’ai pas connu de parrain ni de Calabrais, mais si j’en imagine un, c’est lui. Donc, je récapitule. Quand tu vas au garage de mum, tu lui dis bonjour, tu mattes mes photos (pas l’inverse). Tu fais un signe au patron, le grand et tu respectes le plus petit. Après ça t’es libre de ton choix. Aller aux WC te laver les mains ou pas et manger. (ne touche pas mes photos après).
Bon appétit et longue vie à @mum.and.dad.soustons

Salade de Chèvre

Sinon à part ça, j’ai réussi à foirer une salade de chèvre chaud. Le plat préféré de mon fils (il dit « préf »). En vérité, j’avais regardé trop de recettes avant et mon cerveau n’a pas su synthétiser le truc. (T’as vu le niveau du gars déjà). Je pense être le seul à avoir regardé des recettes de salade de chèvre pendant 20 minutes sur le web… Je pensais pas en trouver autant d’ailleurs. C’est qu’on est pas mal d’idiots manifestement.  Je suis allé au supermarché du coin et j’ai fait le chaud. Dans un élan de créativité débile, je me crus à Top Chef, vas-y que je mate les pignons de pin, les noix, les gésiers de canard. Je me chauffe pour des gésiers de poulet au final (me demande pourquoi). Peut-être un plus joli emballage). Je fais le boss avec mon fils à côté de moi que j’envoie en mission tomate. Les Allemands et les Hollandais galèrent à la pesée des légumes. Même moi, je ne comprends pas les codes sur l’écran de la balance. Je suis en mode M6, je lui vante la big salade qui l’attend et la mitonne même sur mon CAP Cuisine. Ma blague nulle qu’il entend tous les jours. Je rentre, je cuisine en musique, je sers le truc : bilan, c’était plus que moyen. J’ai fait genre, c’est bon et j’ai fini mon assiette juste pour l’ego. Mon fils n’a mangé que la salade et les tomates. J’ai ouvert une boite de haricots sans me blesser et préparé un melon sans couper dans la partie verte bien dure qui fait chier et qui te force à refaire le geste car le couteau suit la même ligne à chaque passage. Tu vois de quoi je parle ? C’est que tu dois pas être doué non plus toi… Mon fils n’avait plus faim. J’étais soulagé. Ma médiocrité culinaire ne me touche même plus, j’ai digéré mes faiblesses et les ai avalées.

La Bretagne

Sinon, à part ça tout va bien en Bretagne. Marées hautes, marées basses, épuisettes multicolores, maquereau en papillote et galettes andouilles.  Hier avec une partie des potes de @visualsystem  (qui à la base ne sont ni pêcheurs ni jardiniers), on a retourné la moitié de la plage avec des râteaux et des pioches à la recherche de lançons en friture pour agrémenter l’apéro. J’ai le dos ruiné. Moi qui me foutais des anciens et de leurs jardins, je leur dis respect. C’est du sport. Le jardinage c’est relou mais du sport quand même. Le lançon, quand tu l’attrapes, il fait le mort pour faire genre « je ne suis pas mangeable ». Parfois, tu le coupes en deux en ratissant, mais avec la tête en moins, il n’y a plus d’ambiguïté sur sa stratégie de fourbe. On a aussi relevé les casiers en bateau et récolté des beaux homards bleus. Il n’est pas malin ce homard pour entrer dans un casier duquel il ne peut pas ressortir. Moi, je crois surtout qu’ils doivent sniffer l’essence des bateaux et qu’ils sont trop défoncés pour s’orienter. C’est peut-être aussi pour ça qu’ils ont deux pinces différentes. Un genre de malformation à force de se camer… Allez, bonnes vacances aux citadins.