Déchetterie

Sinon à part ça la déchetterie est fermée. Je me suis pris un vent. Mon tas de pierre est toujours dans le coffre avec les ronces qui m’ont niqué les doigts. Il faut que j’achète un gant spécial. Tout existe dans la vie, c’est fou. Il y a des gars qui pensent à tout.

Quand tu cherches une simple râpe à fromage sur Amazon, tu finis avec un outil multifacette qui fait aussi le zeste d’agrume. Donc, nous sommes le 15 aout et je ne peux pas aller à la déchetterie. Même si, compte tenu du nombre de voitures qui faisaient demi-tour, je me suis senti moins seul… Donc, en station balnéaire, tu ne coupes pas tes ronces le 15 août, mais les vachettes et autres conneries, c’est toujours ouvert en 7/7. Le folklore local, ce n’est jamais censuré en revanche. Dire que je ne fais presque jamais le jardin (je ne fais rien de manuel d’ailleurs tout court) et c’est tombé aujourd’hui. Monde de merde. Sur le retour, j’ai roulé hyper vite. Comme hier quand je suis allé boire un café à @linstant_vieuxboucau . Je me suis cru dans un jeu vidéo. Un jeu relou qui te fait casser la manette. À la recherche des petits chemins pour éviter les vacanciers et les bouchons. Pour aller de VB nord à VB centre, j’ai dû mettre 10 minutes au lieu de 2. Si je dois être honnête, j’ai fait demi-tour dans un sens unique pour me garer sur une place qui se libérait. Sans vergogne. Le café était bon, mais la prochaine fois, j’irai à vélo.

Tiens, au fait, je suis passé devant le boucher ce soir et je suis entré en lui demandant s’il avait reçu du maquereau. Personne n’a ri. Le vacancier était focus sur sa côte de bœuf. Je ne me suis pas arrêté là dans les bonnes blagues. Le boucher m’a demandé ce que je voulais quand c’était mon tour. Je lui ai dit du jambon. Il m’a demandé lequel et je lui ai dit « le bon, celui pour les locaux ». Deuxième bide. Je comptais sur cette vanne, mais le touriste est exigeant. Je suis reparti à vélo avec mon jambon à la main.

Altercation

Sinon, à part ça, j’ai eu une petite altercation sur la place publique du village. Je sentais bien qu’un type me regardait de travers depuis quelques minutes. J’étais tranquille. Mes AirPods sur les oreilles et un vieil album de Miossec qui tournait en fond. On ne peut pas être violent avec du miossec. D’ailleurs, moi, ça me fout la banane, la musique qui déprime. Donc, le gars me semblait tendu, il marchait en se retournant sans cesse, on aurait dit un hybride entre un crabe et la fille de l’exorciste. Le gars portait des lunettes de soleil. Je n’ai pas pu percer son âme. Du coup, je n’étais pas complètement serein. Je sortais d’une série sur les lécheurs de glaces. C’est un job à risque quand tu bosses sur les enfants des smicards en vacances. J’assume. Donc j’étais seul en hésitation sur le chemin à prendre, place de la mairie, quand un petit mec se plante devant moi. Cheveux foncés à la Marseillaise. Il était tendu et m’ordonne de lui montrer les photos. Sur le coup, j’ai eu un doute et fait défiler mes photos sous sa vieille face crispée. « Stop, c’est mon fils. » Le gars me gueule dessus. Sur la photo, on distingue à peine son fils caché derrière deux autres. Je lui réponds : « vous êtes sûr que c’est lui ? » Je ne le reconnais pas… Il n’a pas trouvé ça drôle. Je m’exécute et m’efface sans même pas palabrer avec lui sur la loi. Il faut savoir s’économiser. Le mec continue à phraser et tout le monde nous regarde. Je lui explique mon travail. Il ne comprend toujours pas et me dit : « Oui, mais pourquoi vous faites ça ? ». Je fais une grimace, car je venais de lui dire et lui tourne le dos… Ce n’est pourtant pas compliqué de comprendre qu’on photographie la rue et qu’on documente ce qui demain sera l’histoire. Sans but, par amour de l’image, par amour des gens. Ce n’est pas compliqué de comprendre qu’il doit plutôt se méfier des réseaux sociaux et de son fils qui y poste des selfies. Que le danger, ce n’est pas l’artiste en bas de chez lui, mais plutôt son Gmail, son Facebook, son Huawei chinois, les votes débiles, la TV.

 

Je me léve tôt

Sinon, à part ça, je me lève tôt. Apanage de la vieillesse ou simple charge mentale de l’adulte. Mon premier challenge, à peine mon pied posé sur le carrelage froid, c’est de ne pas réveiller le restant du foyer. J’ai développé des techniques que je peaufine au fur et à mesure du temps. Avec plus ou moins de succès d’ailleurs. Ça commence à l’heure du café. (généralement 4 min après le réveil). À ce sujet, j’ai acheté une cafetière américaine programmable. Le genre des séries TV. Deux litres de contenance programmés la veille pour être prêts quand je sors mon petit cul de lit. Indicateur de temps de chauffe, etc. La totale. Donc, je disais :  viens l’heure du café. J’essaie de ne pas faire de bruit en appliquant une technique (qui ne fonctionne jamais) et que j’appelle : le demi-mouvement. C’est juste que je raccourcis les gestes pour raccourcir les bruits. Mais mes bras sont crispés et souvent, je perds le peu de dextérité que j’avais. Quand je casse ma tasse la stratégie du demi-mouvement n’a pas fonctionné et j’essaie d’enregistrer l’erreur pour ne pas la répéter. Le truc, c’est que je n’ai pas d’autres techniques dans ma besace. En plus de devoir nettoyer et refaire un café, je change mes fringues et je finis par me faire engueuler pour avoir réveillé tout le monde. C’est ma vie de maladroit. Mais j’adore le matin. L’ambiance n’est pas la même selon l’heure. C’est une histoire de tranche horaire et c’est cartésien. Le créneau 4 h à 5 h, c’est celui que j’aime beaucoup. Parce que c’est le premier café, mais aussi parce qu’il n’y a aucun bruit dehors et que je prends la température de la journée. Je me sens unique. Le créneau de 5 h à 6 h, c’est différent. Ça sent déjà moins la nuit. Mon cerveau est à fond. Les e-mails s’enchainent. C’est la tranche la plus productive pour moi.  Le créneau 6 h-7 h est celui que j’aime le moins. J’ai bien abusé des cafés et mon estomac me le rappelle. Mon mal de dos aussi, car ça fait 2 h que je geeke sur une table basse, tout courbé. Comme dirait l’autre : « j’ai beau être matinal, j’ai mal » (la jeune génération, si tu connais pas je te laisse creuser).

Le surf

Sinon, à part ça, j’essaie de comprendre pourquoi les pubs pour vendre des bagnoles mettent autant le surf en avant. Alors, vous allez me dire « parce que c’est trendy ». Mais moi, il ne faut pas me prendre pour un con trop de fois. Je suis allé regarder les statistiques sur le nombre de pratiquants du surf en France et bien qu’on ait dépassé le hockey sur gazon, ça ne reste pas foufou comme dirait ma caissière du Lidl. Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles.

Déjà, techniquement, essaie de rentrer une planche dans ta bagnole. Vu sa taille, c’est l’enfer. En été, tu waxes tes sièges au passage et ta board chauffe tellement vite que tu la fusilles en 1 h. Donc, à part habiter à 200m de l’océan, et dans ce cas, tu as un vélo avec un porte-surf, j’ai du mal à croire que leurs pubs déclenchent des ventes. Sans compter que dans les lieux où ça surf (chez nous par exemple), ben on n’est pas nombreux à acheter des bagnoles neuves (ni même à regarder la TV). Alors, je me suis demandé si leur cible n’était pas plutôt les citadins. Mais du coup, ça ne tient pas non plus, car les types louent leurs planches sur les lieux de vacances. Éventuellement, il ne reste que l’argument de faire croire à celui qui veut acheter une caisse neuve qu’il fera surfeur juste en la conduisant. Mais là, je ne comprends pas le concept non plus. Chez nous, faire surfeur, ça te grille au taf parfois car c’est mal vu et plus hype du tout. Et puis ici, ils ont tous des camions, pas des mini électriques. En vrai, j’ai arrêté de me poser la question quand j’ai vu une nouvelle pub de bagnole sur fond d’une crique limpide qui ressemblait plus aux iles grecs qu’aux plages landaises. J’ai compris qu’il ne fallait pas trop réfléchir et que je n’étais probablement pas la cible.

Si tu veux me vendre une caisse il faut qu’elle n’ait pas trop d’électronique, qu’elle ne soit pas électrique, qu’elle ne soit pas neuve, qu’elle ait du volume, qu’elle soit déjà rayée et qu’elle ait un gros hayon pour faire pendre la combi et qu’elle ait au moins 200 000 km au compteur pour que je puisse l’utiliser pour aller vraiment surfer avec.

Je me lève tôt

Sinon, à part ça, je me lève tôt. Apanage de la vieillesse ou simple charge mentale de l’adulte. Mon premier challenge, à peine mon pied posé sur le carrelage froid, c’est de ne pas réveiller le restant du foyer. J’ai développé des techniques que je peaufine au fur et à mesure du temps. Avec plus ou moins de succès d’ailleurs.

Ça commence à l’heure du café. (généralement 4 min après le réveil). À ce sujet, j’ai acheté une cafetière américaine programmable. Le genre des séries TV. Deux litres de contenance programmés la veille pour être prêts quand je sors mon petit cul de lit. Indicateur de temps de chauffe, etc. La totale. Donc, je disais :  viens l’heure du café. J’essaie de ne pas faire de bruit en appliquant une technique (qui ne fonctionne jamais) et que j’appelle : le demi-mouvement. C’est juste que je raccourcis les gestes pour raccourcir les bruits. Mais mes bras sont crispés et souvent, je perds le peu de dextérité que j’avais. Quand je casse ma tasse la stratégie du demi-mouvement n’a pas fonctionné et j’essaie d’enregistrer l’erreur pour ne pas la répéter. Le truc, c’est que je n’ai pas d’autres techniques dans ma besace. En plus de devoir nettoyer et refaire un café, je change mes fringues et je finis par me faire engueuler pour avoir réveillé tout le monde. C’est ma vie de maladroit. Mais j’adore le matin. L’ambiance n’est pas la même selon l’heure. C’est une histoire de tranche horaire et c’est cartésien.

Le créneau 4 h à 5 h, c’est celui que j’aime beaucoup. Parce que c’est le premier café, mais aussi parce qu’il n’y a aucun bruit dehors et que je prends la température de la journée. Je me sens unique. Le créneau de 5 h à 6 h, c’est différent. Ça sent déjà moins la nuit. Mon cerveau est à fond. Les e-mails s’enchainent. C’est la tranche la plus productive pour moi.  Le créneau 6 h-7 h est celui que j’aime le moins. J’ai bien abusé des cafés et mon estomac me le rappelle. Mon mal de dos aussi, car ça fait 2 h que je geeke sur une table basse, tout courbé. Comme dirait l’autre : « j’ai beau être matinal, j’ai mal » (la jeune génération, si tu connais pas je te laisse creuser)

Grattage

Sinon, à part ça, je vous demande de corriger votre langage quand vous grattez vos tickets au tabac du coin. Non, tu n’as pas « gagné 5 ou 10 balles ». Tu as perdu 300 balles, c’est un manque à gagner de 300 balles depuis que tu joues et cette perte s’est réduite de 5 ou 10 balles, nuance… Donc, tu grattes si tu veux (même si statistiquement, tu ne gagneras jamais… mais si tu aimes ton buraliste ou sa femme, fais-le). Si tu vois que tu gagnes, tu penses à moi et quand tu croises du monde, tu cries haut et fort : « yeah. J’ai un manque à gagner de 300 balles ». » Parce que je ne supporte plus de vous entendre faussement gagner et afficher un sourire idiot alors que vous remboursez juste partiellement une dette que vous avez jetée dans le vent.

L’Ecole

Sinon, à part ça, je ne rêve plus d’école. Du moins, je ne fais plus de mauvais rêves d’école depuis peu. C’était toujours le même : j’apprends juste avant d’entrer en classe que c’est le bac. Panique, je n’ai rien révisé. Il m’aura fallu presque trente ans après le bac pour oublier, pour cicatriser les plaies (du « Ceba », comme je disais en verlan à cette époque).

Ma période de lycée a été une longue épopée.  J’ai une sœur d’un an de moins et j’étais encore en terminale, alors qu’elle était déjà en première année de fac. (si vous n’êtes pas trop nul en math, faites le calcul). Je l’ai vue arriver au lycée et en partir. Comme beaucoup de petits frères de potes. Sensation étrange d’être à l’arrêt. À l’arrêt, mais avec un statut de king ou de VIP quand même. Certains profs me mettaient à part dès la première minute du premier cours de début d’année. « JC, tu vas aller devant », ils disaient.  Entre nous, ça n’a rien changé. Si tu ne veux pas sortir tes affaires, ce n’est pas le premier rang qui va changer ta motivation. J’avais le permis de voiture depuis un bout de temps et mes potes d’enfance étaient déjà bien installés dans leurs appartements en fac. La pionne de ma dernière année de lycée était même une pote à moi. J’ai le souvenir qu’elle me faisait des mots d’excuse pour que j’aille fumer des trucs qui font rire.

Quand tu es viré de bahuts (3 pour moi, dont certains en cours d’année), il faut recréer tous les contacts et tes acquis. J’imagine que c’est pareil quand tu es transféré d’une prison à une autre. Créer du lien, comprendre les rouages. C’est peut-être de là que vient mon côté autodidacte. Depuis, je suis réticent aux grands principes du système éducatif français. Depuis, j’ai des idées arrêtées. C’est comme ça.

Panne d’écriture

Sinon, à part ça, je suis en panne d’écriture depuis quelques jours. Le pire, ce n’est pas de ne plus pouvoir publier de textes, mais de ne plus avoir de coups de gueules. Je regarde les gens, je les trouve beaux. Rien ne m’énerve. C’est comme si je n’étais pas à ma place. Je déteste franchement ce sentiment. L’impression de me sentir à ma place parmi les autres. Ce me fout le bourdon, je me questionne sur ma capacité intrinsèque à effectuer mes propres choix et à agir librement. Regarder l’autre avec ma vision, penser sans pression sociétale. Depuis quelques jours, je fais la queue pour mettre de l’essence à un prix totalement déraisonnable, sans maudire notre gouvernement et les grands décideurs. Sur la route, je laisse la priorité aux piétons et aux vélos (oui, j’ai ma théorie là-dessus et je vous en parlerai un jour). J’ai même écouté la radio FM en bagnole. Je viens de finir d’entretenir mon robot nettoyeur de sol comme si nettoyer un aspirateur était un truc normal. Rien ne tourne rond et c’est comme si je l’acceptais. Peut-être est-ce le retour du beau temps qui plombe le moral et annonce le temps qui passe.

Scan du coeur

Sinon, à part ça, j’ai réservé un scanner du cœur. La secrétaire m’a envoyé un e-mail long comme les devoirs d’avant vacances d’un lycéen en classe scientifique. Parmi toutes les informations inutiles, une liste de médicaments/aliments à ne pas consommer dans les 12 heures précédant l’examen.
 ➢ Banane
➢ Chocolat
➢ Café
➢ Thé
➢ Tabac
➢ Viagra
➢ Stupéfiants
J’ai trouvé étrange de mélanger la banane, le viagra et les stupéfiants dans le même paragraphe. Ca me fait penser à une liste de course d’un festivalier avant une rave party. Aucune logique dans le truc. Je me suis mis à la place de celui qui a rédigé cette fiche. Il a dû bien se marrer en la faisant. Lui aussi devait être sous stupéfiant pour piocher des mots pareils. J’ai été content d’apprendre qu’il est préférable de ne pas se défoncer avant un examen médical.

Le boucher

Sinon, à part ça, j’ai acheté une tomate de pas de saison. (Du continent voisin). Une buche de chèvre et des tranches de blanc de dinde… Je me suis fait un sandwich low cost accompagné d’un verre d’eau, car le lundi les restaurants sont fermés.

Le lundi, c’est tout le temps après le dimanche, et vu que le dimanche, j’ai fait à manger comme jamais, généralement le lendemain, j’ai plus envie de cuisiner et ça tombe toujours un lundi. Pas d’Uber ni de petite épicerie dans mon bled. Enfin, pas l’hiver, car chez moi, tout arrive d’un coup en été. Le bled est chamboulé en 24 h. Tu te lèves un matin de juillet et ça bouchonne devant la maison, tu as des nouveaux voisins tout blancs (qui te quittent tout brulés), tu manges du magret de 10 h à 22 h et le fromage de brebis est en vente à chaque coin de rue (il a pris 10 € par kilo au passage). C’est un joyeux bordel ou tout le monde essaie de sauver sa peau en deux mois. Écoute bien (ce n’est pas du fake) : la pharmacie concurrence le surf shop : elle vend des lunettes de soleil et lui, des crèmes solaires. Le snack fait tabac et le tabac vend aussi de la bouffe. Le boucher vend du vin, les bars vendent des t-shirts et j’en passe (il faudrait que je liste tout à l’occasion).

Au début, ça fait bizarre de dire à ton pote : « attend, j’arrive, je passe au snack, choper un paquet de clope et on se retrouve au bar ». Surtout si ton pote te répond qu’il n’a pas besoin de t-shirt… Mais bon, après, tu t’y fais. Bref, j’attends cette période de festivité anarchique, mais pour le moment, le lundi, c’est la guerre dans mon assiette. Mon bled, c’est un peu l’Ukraine en saison morte.