Sinon à part ça, le droit à l’image est un concept connu par tout le monde, mais utilisé à tort et à travers. C’est un peu le « je ne parlerai pas sans mon avocat » ou « on est présumé innocent » ou « chacun gère ses eaux ». Toutes ces expressions qui sonnent bien, mais que l’on ne maitrise pas parfaitement. Pour preuve, je me suis retrouvé en litige il y a peu avec un professeur de droit que je shootais en pleine rue. (Pas de chance, mais il fallait que ça m’arrive. J’ai prié pour que, justement, l’on puisse échanger entre gens bien sur le caractère moral ou non de la prise de vue de rue. Nous n’avons pas eu le temps d’aller aussi loin. L’échange non cordial s’est vite achevé après que je lui ai rappelé la définition exacte de l’expression qu’il employait à tort et que je lui ai dit que je n’étais pas responsable des lois françaises et que le cadre dans lequel il était photographié n’entrait pas dans la définition du droit à l’image. D’autre part que je le remerciais pour sa tentative d’intimidation, mais que j’allais donc continuer. Chose que je fis en prenant deux photos de plus de lui. L’animal criait en pleine rue, faisant profiter à toute la foule de notre rhétorique. A-t-il été surpris ou énervé, voire blessé qu’un gars en short et tout tatoué le remette à l’heure sur ce qu’il pensait être acquis dans ses connaissances ? Je n’aurai jamais la réponse. Toutefois, je me félicite d’être resté courtois face à quelqu’un en mocassins, pull sur les épaules et petit pantalon moulant qui me crie dessus. Nous nous sommes quittés comme un duel dans un film de western (chacun partant dans un sens opposé). Il est parti réviser ses cours, j’ai traversé la rue et me suis assis à une table de bistrot. J’ai demandé : « Un café s’il vous plait. »